Depuis le mois de février 2006, la passion de l’art et de la littérature a réuni plusieurs philologues, philosophes, historiens, graphistes,
essayistes, pour créer une revue d’art et de littérature. Nous avons choisi de prendre comme titre “Connexion” pour trois motifs principalement.
En premier lieu, nous considérons les formes d’art et de littérature comme hétérogènes. Les écrivains belges, par exemple, sont dans leur histoire en
connexion perpétuelle avec d’autres champs extra-nationaux (récits de voyage, littérature coloniale, écrivains émigrés, immigrés…) ou intra-nationaux (écrivains flamands, wallons, bruxellois,
belgicismes…). Travailler à partir de l’hétérogénéité, de la multidisciplinarité, mettre en évidence les multiples facettes d’un artiste ou d’un mouvement artistique permet d’avoir une approche
plus fidèle.
Notre deuxième motif répond à une réaction vis-à-vis du dogme des médias “staracadémik”, de ces grandes multinationales qui ne sont pas propices à la
création et qui embrigadent dans des cases arbitraires les émancipations créatives et les discours critiques pour les stériliser. Notre démarche est de reconnecter les arts pour inverser la
tendance. Les artistes ne sont ni des stars, ni des parias de la société, cette revue tente de les valoriser à leur juste valeur.
Troisièmement, nous voulons travailler avec les artistes à créer de nouveaux espaces de liberté, de nouvelles perspectives, de nouveaux horizons. Nous
sommes convaincus que nous devons y travailler ensemble par des échanges, des connexions, des oeuvres collectives, par une revue qui permette à chacun de s’exprimer à sa manière dans la mesure où
chacun n’empiète pas sur le travail de l’autre.
Notre méthode se base sur trois angles de recherche.
DOSSIER
D’une part, nous publierons des articles de recherche historique basés sur les sources classiques ( correspondance, articles de presse, études de
référence…). Nous nous sommes fixés comme cadre de recherche la Belgique et tout particulièrement Bruxelles. C’est pourquoi, nous avons commencé nos recherches à Saint-Josse et aux ateliers
Mommen car ils sont le seul foyer artistique qui a perduré aussi longtemps et dont il est temps d’étudier les multiples facettes, les influences, son histoire tout simplement.
PORTRAIT
D’autre part, nous voulons contribuer à alimenter le fonds de sources d’histoire de la littérature et d’art en récoltant des témoignages d’artistes,
d’écrivains, des vieux documents. Il s’agit de sauver la mémoire des artistes. Par ailleurs, nous avons constaté que les artistes qui sont en dehors de la machine médiatique n’ont pas assez
l’occasion de s’exprimer et de se faire connaître. Souvent, l’artiste lui-même doit s’occuper de la publicité de son travail. Cela ne va pas. De plus, dans le cadre de la présentation d’un
travail plus personnel, plus éphémère (comme les performances), l’artiste n’a pas nécessairement l’intention d’alerter le Tout Paris. Des pans entiers de l’histoire des artistes échappent aux
yeux des médias qui ne voient que ce qui vend. Améliorer la communication des artistes et des écrivains est donc également une pierre d’achoppement de notre engagement.
LIBERTÉ
Signalons qu'un espace de la revue a été tout spécialement consacré aux artistes (rubrique “liberté”). Nous ouvrons nos pages aux dessinateurs de BD,
aux photographes, aux poètes, aux écrivains, aux compositeurs de musique, etc. Il est important de signaler que nous rejetons toute forme de dogme car cela pourrait mettre en péril la création de
ces espaces de liberté.
Enfin, nous avons l’audace de penser que nous pouvons faire vivre une revue libre de tout sponsor et de tout subside gouvernemental. L’avenir nous
permettra-t-il de continuer à garder notre indépendance ? Seul le soutien de ses lecteurs, qui, nous l’espérons, sera fort nombreux, pourra nous permettre de préserver cette utopie.